La Troisième Révolution Industrielle – Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde – cdurable.info

 
 
05/02/2012

Les éditions Les Liens qui Libèrent (LLL) publie en ce début février 2012 la traduction française du dernier opus de Jeremy Rifkin : The Third Industrial Revolution.
 
L’auteur est d’ailleurs en France à l’occasion de cette sortie. Il était notamment l’unique invité de 3D, l’émission dominicale de Stéphane Paoli diffusé sur France Inter (le 29 janvier 2012 –(Ré)écoutez).
 
Une analyse lumineuse et providentielle même en ces temps de périls, de l’avenir de nos sociétés. Nous sommes, selon l’auteur, à la fin d’une ère, celle d’une économie fondée sur les énergies fossiles, le travail à temps plein, une organisation pyramidale des entreprises, une gestion exclusivement marchande du monde… Et nous entrons dans ce qu’il appelle la troisième révolution industrielle qui va bouleverser nos manière de vivre, de consommer, de travailler, d’être au monde. Un livre passionnant qui doit interroger nos candidats aux élections présidentielles.
 
Ce livre développe la thèse d’une troisième révolution industrielle –que l’auteur appelle de ses vœux-, un nouveau paradigme économique qui va ouvrir l’ère post-carbone, basée notamment sur l’observation que les grandes révolutions économiques ont lieu lorsque de nouvelles technologies de communication apparaissent en même temps que des nouveaux systèmes énergétiques (hier imprimerie/charbon ou ordinateur/ ; aujourd’hui Internet & les énergies renouvelables).
 
La Seconde Révolution Industrielle se meurt donc. Dans un futur proche, les humains génèreront leur propre énergie verte, et la partageront, comme ils créent et partagent déjà leurs propres informations sur Internet.
 
Cela va fondamentalement modifier tous les aspects de la façon dont nous travaillons, vivons et sommes gouvernés. Comme les première et deuxième révolutions industrielles ont donné naissance au capitalisme et au développement des marchés intérieurs ou aux Etats-nations, la troisième révolution industrielle verra des marchés continentaux, la création d’unions politiques continentales et des modèles économiques différents.
 
Le défi est triple : La crise énergétique, le changement climatique, le développement durable.
 
Ces défis seront relevés par un changement de la mondialisation à la « continentalisation ». C’est-à-dire la fin d’une énergie divisée, pour une énergie distribuée.
 
Les cinq piliers de la Troisième Révolution Industrielle sont :
  • Passer aux énergies renouvelables.
  • Transformer les bâtiments sur chaque continent en mini-centres énergétiques, créant de nombreux emplois.
  • Permettre à chaque bâtiment de conserver cette énergie.
  • Utiliser la technologie internet pour créer un réseau similaire d’énergie. Chaque bâtiment ayant de l’énergie en trop pouvant la vendre sur ce réseau.
  • Créer des réseaux électriques continentaux dans lesquels les véhicules électriques puissent vendre leurs surplus d’énergie en se branchant à une prise, tout en étant garés.
 
L’auteur prétend que des prises pour les véhicules peuvent être mises en place partout à l’horizon 2020. Si seulement 25% des véhicules vendent en étant garés (et si le prix est haut), cela remplacerait l’actuel système centralisé de l’énergie.
 
Cela dit, la transformation de l’économie va bien plus loin qu’un changement des régimes d’énergies et des technologies de communication. C’est un transfert de l’énergie à chaque niveau de la société, à des millions de petits producteurs, générant leurs propres énergies renouvelables et échangeant les surplus à travers des continents entiers. Cette « démocratisation de l’énergie » à des implications profondes sur l’organisation de la société, de la politique et de l’économie. Ce qu’on peut appeler un « capitalisme distribué ».
 
Des exemples existent déjà. Les énergies solaires et autres éoliennes dans le désert du Sahara pourrait ainsi combler 15% des besoins de l’UE d’ici 2050. L’Espagne et le Maroc étudient un projet de tunnel entre les deux continents. Les USA et la Russie font de même pour joindre la Sibérie et l’Alaska, afin d’échanger de l’énergie, et pour le commerce et le tourisme. Les gens commencent à se voir comme une partie d’un organisme planétaire indivisible.
 
L’ère continentale va aussi transformer l’approche géopolitique des relations internationales à l’approche de la biosphère-politique.
 
Les scientifiques commencent à voir la planète comme une créature vivante, une entité autorégulatrice qui se maintient dans un état permettant la continuation de la vie. Selon cette nouvelle façon de penser, l’adaptation et l’évolution des êtres vivants fait partie d’un processus plus large : l’adaptation et l’évolution de la planète elle-même.
 
De nombreuses guerres ont éclatées dans la poursuite de la sécurité énergétique. Cela sera moins le cas avec ces nouvelles énergies abondantes et disponibles partout. La biosphère-politique est basée sur un sens de la responsabilité collective pour sauvegarder les écosystèmes.
 
Source texte: cdurable.info